L’orthographe, levier de performance

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Pendant longtemps, bien des employeurs auraient été rétifs à l’idée de financer des formations orthographiques à leurs salariés. Pour eux, c’était à l’Éducation nationale de faire ce travail. Aujourd’hui, la question prend un tour nouveau : le monde 2.0 est, plus que jamais, une civilisation de l’écrit, et la maîtrise des subtilités de la langue devient un véritable atout. Aussi les listes de formations éligibles au compte personnel de formation (CPF) recensent-elles depuis mai 2015 les préparations au certificat Voltaire, le TOEFL® de l’orthographe française.

 

« Les jeunes ne savent plus écrire » ?

Difficile de savoir si véritablement, « c’était mieux avant » en matière d’orthographe. « Avant », l’humanité ne produisait pas en dix minutes autant d’informations qu’elle ne l’a fait entre sa naissance et 2003 (un chiffre de 2013, déjà dépassé). Les 4/5 des Français n’étaient pas connectés à un réseau virtuel, internet, sur lequel ils s’expriment et échangent quotidiennement des messages écrits, sans même parler des usages mobiles. La production écrite par habitant n’a certainement jamais été aussi considérable qu’aujourd’hui. Il est donc difficile de faire des comparaisons sur le temps long.

Pour autant, il y a bien, depuis dix ou quinze ans, un recul observé des compétences en orthographe, sous la forme, notamment, d’un accroissement du nombre d’élèves en difficulté (un cinquième, d’après le Portrait Social 2011 de l’Insee). La faute aux SMS ? Même pas. Selon une étude française, les jeunes qui font des fautes sur leurs mobiles les faisaient déjà avant et n’en font pas plus après. Comme toujours, il n’y a pas d’explications simples, mais un fait persiste : malgré l’effet modérateur des correcteurs automatiques, les contenus web sont rarement irréprochables en matière d’orthographe. Selon le traducteur en ligne Textmaster, 90% des emails clients envoyés par les entreprises contiennent au moins une faute

 

L’orthographe, à quoi ça sert ?

Quoi qu’il en soit, la compétence orthographique s’avère extrêmement utile, et d’abord pour une raison « négative » : le coût de sa non-maîtrise.

Pour l’entreprise, une faute dans un support ou dans une correspondance peut s’avérer très néfaste ; Textmaster parle de « plusieurs millions d’euros » de coût annuel pour les entreprises, mais les dégâts en matière d’opportunités manquées sont évidemment très difficiles à évaluer. Songeons seulement aux suites d’une simple faute de frappe requalifiée médiatiquement en faute d’orthographe dans une présentation de la ministre de l’Éducation… Pour le collaborateur, améliorer son orthographe présente des bénéfices encore plus évidents, ne serait-ce qu’en matière d’employabilité : tant sa production professionnelle que ses outils de marketing personnel – CV, lettres de motivation – y gagneront en qualité, en crédibilité, en efficacité. Une mauvaise orthographe nuit à la capacité du collaborateur à représenter l’entreprise et à s’exprimer en son nom, que ce soit en direction des clients, des partenaires, des internautes… ; cela peut entraîner des blocages dans le parcours professionnel, et fermer certaines portes.

Il y a aussi, bien sûr, des bénéfices positifs à une formation à l’orthographe. C’est une compétence complexe, qui se construit dans la durée, et dont l’acquisition entraîne celle de savoirs et compétences connexes: logique, mémoire, connaissance de la langue, grammaire… Et aussi estime de soi, dans un monde qui valorise encore beaucoup l’exactitude orthographique.

 

Comment faire valider son niveau d’orthographe ?

C’est pour répondre à ces besoins qu’a été conçu le certificat Voltaire, qui évalue les compétences orthographiques des adultes. Les formations qui préparent à cette certification sont, depuis le 29 mai 2015, accessibles par le biais du CPF. Il en existe en présentiel, en e-learning, ou en blended.

La certification tient compte, dans sa conception, de l’existence des correcteurs orthographiques : elle se concentre essentiellement sur les difficultés qui ne sont pas repérées automatiquement par les logiciels de traitement de texte. Les connaissances testées sont pour 65% des règles grammaticales.

Développé à l’initiative de la société lyonnaise de e-learning Woonoz, entourée d’une équipe d’experts, le Certificat Voltaire propose une validation à 4 niveaux, de « technique » (300 points) à « expert » (900 points), en passant par « professionnelle » (500 points) et « affaires » (700 points). L’objectif de cette échelle est de faire coller le niveau de certification aux besoins réels des collaborateurs dans leurs tâches quotidiennes. Le certificat s’obtient suite à un examen organisé dans l’un des 200 centres du réseau. La session d’examen dure 3 heures, et comprend un QCM de 195 questions (2 heures).

D’autres acteurs existent, comme Orthopass, ou encore Orthogramm, dont l’offre s’adresse aussi bien aux particuliers, aux enseignants et aux entreprises – et ne semble pas, pour le moment, éligible au CPF.

 

Les bénéfices de la formation de certains collaborateurs à l’orthographe ne sont pas forcément faciles à chiffrer précisément ; mais le jeu peut en valoir la chandelle, si l’on considère la relative modestie de l’investissement (à partir de 299 € HT par stagiaire), et l’ « effet de levier » qu’il peut avoir sur la performance du collaborateur et l’efficacité de sa communication.

 

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Crédit photo : © Richard Villalon – Fotolia

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