La formation en chiffres

48% des formations Pôle emploi transformées en formations à distance

Quel aura été l’impact du confinement sur le marché de la formation ? Il est trop tôt pour le savoir précisément, mais une étude de la Dares nous donne des chiffres sur un segment précis : celui des demandeurs d’emploi. Il en ressort que les deux tiers des stagiaires ont poursuivi leur formation, et que près de la moitié l’ont fait via le recours au distanciel. Des résultats qu’on ne peut évidemment pas extrapoler à tout le secteur de la formation, mais qui donnent une idée de ce qui est possible en matière de formations à distance.

 

L’étude a été conduite par la Dares entre le 8 et le 25 avril, auprès d’environ 5 600 demandeurs d’emploi en formation. Elle rassemble les stagiaires de 3 types de prestations :

  • Les formations certifiantes et professionnalisantes. Ce sont les formations suivies par les demandeurs d’emploi qui le souhaitent, sans projet d’embauche défini.
  • Les formations préparatoires. Ce sont des formations de mise à niveau à suivre pour accéder à une formation de plus haut niveau.
  • Les formations préalables à l’embauche. Il s’agit de deux dispositifs de Pôle emploi (AFPR et POEI) qui ont le même objectif : former un demandeur d’emploi en vue d’une embauche à un poste précis. Ces formations se font souvent déjà au sein de l’entreprise qui recrute.

 

Des formations majoritairement maintenues

7% des demandeurs d’emploi interrogés étaient engagés dans des formations entièrement à distance. Leur cursus n’a pas été affecté, et ils ne sont pas comptabilisés dans la suite de l’étude.

Parmi les demandeurs d’emploi qui suivaient des formations au moins partiellement en présentiel :

  • 1/3 ont dû interrompre leur formation ;
  • 1/3 ont pu la maintenir partiellement ;
  • 1/3 ont pu la poursuivre intégralement.

Les deux tiers des stagiaires en formation présentielle ou mixte ont donc pu poursuivre en tout ou partie leur cursus.

 

Par quel moyen ?

Parmi les formations maintenues, plus des trois quarts (77%) l’ont été via des enseignements à distance, ce qui représente 48% de l’ensemble des formations présentielles ou mixtes (maintenues ou non).

Source : Dares, « Conséquences de la crise sur le déroulement des formations des chômeurs », 12 mai 2020

L’étude n’est pas totalement claire sur ce que recouvrent les 23% restants, qui se partagent à peu près équitablement entre « pas de séance à distance » et « ne sait pas ou sans objet ». On comprend cependant que :

  • La moitié des formations qui se sont poursuivies à distance l’ont fait via la vidéo.
  • Dans un quart des cas, le téléphone a été utilisé.

L’étude parle également, sans les quantifier, de :

  • mise à disposition de modules en ligne ;
  • envoi de documents et d’exercices par e-mail, voire par courrier physique.

On peut supposer, même si l’enquête ne le précise pas explicitement, que ces dernières modalités sont celles qui se cachent derrière la catégorie « pas de séances à distance ».

Il semble donc que dans environ un quart des cas de formation au moins partiellement présentielles (soit la moitié de 48%), les sessions aient pu se poursuivre via la vidéo. C’est loin d’être négligeable, d’autant que 95% des stagiaires ayant pu continuer à se former déclarent avoir pu participer effectivement au dispositif mis en place, au moins une partie du temps.

 

Qui sont les stagiaires concernés ?

Ces moyennes dissimulent des disparités entre types de formations, entre profils de stagiaires, entre secteurs.

Formations courtes et formations en entreprise plus souvent suspendues

On note une nette différence entre les formations préalables à l’embauche, qui associent souvent l’entreprise d’accueil au cursus, et les autres formations : 62% des formations AFPR-POEI ont été interrompues à cause du confinement, contre 41% des formations préparatoires et seulement 30% des formations professionnalisantes et certifiantes. Ces dernières, on peut le supposer, sont plus souvent théoriques et se prêtent sans doute mieux à l’exercice de la formation à distance.

Sans surprise, donc, dès lors que la formation est liée à l’activité d’une entreprise, la conversion au distanciel est sensiblement plus délicate. L’accès à l’outil de travail n’est plus possible pour les stages pratiques, les collaborateurs sont en télétravail, la production est arrêtée ou réduite, les priorités sont ailleurs… Les raisons ne manquent pas.

Source: Dares

On apprend par ailleurs que plus la formation est courte, plus elle est susceptible d’être reportée en période de confinement : 43% des formations de moins de 2 mois ont été suspendues, contre 30% des formations de plus 6 mois. On peut supposer qu’un cursus long comporte davantage de volets théoriques susceptibles d’être enseignés en distanciel.

 

Les moins qualifiés plus souvent concernés par des interruptions

Les formations qui s’adressent aux publics les moins qualifiés sont plus souvent suspendues que les autres : c’est le cas de 39% des prestations financées dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences (PIC), destinées à des stagiaires qui n’ont pas le bac. Seuls 30% des bacheliers ont dû arrêter leur formation.

En outre, les moins diplômés sont un peu plus nombreux à déclarer ne pas avoir pu suivre avec assiduité leur formation, lorsqu’elle a été maintenue à distance.

La disparité n’apparaît pas si importante. Il faudrait sans doute entrer davantage dans le détail des données pour constater l’ampleur des différences qui pourraient être sensibles entre, par exemple, des formations à des outils informatiques destinés à des cadres et techniciens supérieurs et des formations à un outil industriel.

 

Les différences par secteurs

Ces disparités apparaissent dans une certaine mesure dans les données sectorielles : les formations à la mécanique et à l’électricité ont été suspendue sensiblement plus souvent que la moyenne (44% contre 34%). A l’autre extrémité, les formations sanitaires et sociales (28% de suspensions) et les formations à la gestion et aux ressources humaines (30%) ont été un peu plus souvent maintenues. Pour le reste, les différences ne sont pas spectaculaires : l’informatique est dans la moyenne, les transports et la logistique à peine au-dessus. Il semble donc que l’entrée sectorielle ne soit pas si pertinente que cela.

Source : Dares

 

Cette étude nous donne donc une idée de la convertibilité des formations professionnelles au distanciel en dehors de toute contrainte d’entreprise. Elle nous permet d’avoir un aperçu de ce qui peut se faire dès lors que toutes les difficultés liées à l’activité économique et à l’organisation humaine ont été réglées. Bien sûr, il y aura toujours une part incompressible de présentiel dans la formation. Mais l’expérience du confinement nous permet de prendre la mesure de tout ce qui peut se faire à distance. Et de nous faire toucher du doigt cette vérité que l’effort à fournir est au moins autant organisationnel que technique.

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