La formation en chiffres #45 : un LMS dans 83% des grandes entreprises

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La formation professionnelle dans l’entreprise se digitalise dans toutes ses dimensions : planification, diffusion des contenus, évaluation… Les LMS (Learning Management Systems) ou plateformes d’apprentissage permettent d’intégrer ces différents flux, au service de la stratégie de formation. Les 250 entreprises qui ont répondu au dernier baromètre Féfaur et Cornerstone, rendu public en septembre dernier, sont près de 83% à s’être dotées d’un LMS, soit 3% de plus que l’année dernière. A quoi s’en servent-elles ? L’étude donne des éléments de réponse.

 

 

Féfaur et Cornerstone ont publié fin septembre, à l’issue d’une présentation en webinar à laquelle nous avons assisté, la 3e édition de son baromètre « Gestion de la formation et des talents », consacrée au thème « plateformes et usages » (les deux précédents remontent respectivement à 2012 et 2014). Près de 250 entreprises ont été sondées, dont plus des deux tiers emploient plus de 1000 salariés (effectifs en France). Les chiffres sont donc représentatifs de la pratique de la grande et de la moyenne entreprise ; le segment « moins de 1000 » n’est pas détaillé, mais on peut considérer que la PME n’est pas tellement concernée par cette étude – ce qui n’a rien d’anormal si on considère le type d’investissement considéré.

 

LMS : un taux d’équipement en hausse

Un peu moins de 83%, contre un peu plus de 79% il y a deux ans : la part des grandes entreprises équipées de LMS s’est accrue, selon le baromètre. Cette augmentation progressive, bien sûr, « témoigne de la généralisation du digital learning », pour reprendre les termes de Michel Diaz, directeur associé de Féfaur, au cours du webinar de présentation ; une généralisation dans laquelle, à son tour, le LMS « joue un rôle central ».

L’augmentation s’est faite à la faveur des solutions « cloud », qui sont passées de la moitié aux deux tiers des LMS utilisés par les entreprises, au détriment des logiciels détenus en licence. 18% des répondants envisagent de changer de LMS : ces proportions devraient donc bouger dans les années qui viennent.

Pour autant, les salariés ne sont pas tous concernés par cet essor des LMS : dans plus du tiers des entreprises interrogées, moins de 30% d’entre eux sont connectés au LMS. Un petit quart des entreprises a intégré plus de 90% de ses collaborateurs à la plateforme d’apprentissage. Ces résultats peuvent surprendre, si l’on considère que les salariés des grandes entreprises ont, en règle générale, davantage accès à la formation que les autres : l’Insee nous apprend que 65% des collaborateurs des entreprises de 250 salariés ont bénéficié d’une formation dans l’année, contre 34% dans les entreprises de moins de 10 personnes.

Mais il semble que le rattrapage soit en cours : si on leur demande de se projeter à deux ans, les répondants ne sont plus que 9% à connecter moins de 30% des salariés, et 36% à en inclure plus de 9 sur 10.

 

Pour quels usages ?

Le baromètre liste 18 fonctionnalités des LMS, et pondère leur utilisation par les entreprises. De façon prévisible, près de 8 sur 10 exploitent leur plateforme pour « diffuser des contenus e-learning et les assembler en parcours personnalisés » : c’est après tout l’usage historique des LMS.

La surprise vient de l’emploi des quizz d’évaluation, qui arrivent en première place des fonctionnalités (80,1%), alors qu’ils n’étaient qu’au 4e ou 5e rang dans l’édition précédente. On monte même à près de 98% si l’on tient compte des projets à 2 ans. Peut-être est-il possible d’y voir un effet de la  réforme, qui, en supprimant l’obligation de dépense, a renforcé la nécessité de mesurer l’impact de l’investissement dans la formation. Bien sûr, il s’agit là d’une tendance de fond, que la réforme ne fait probablement que renforcer.

Les fonctions de suivi des temps passés à la formation continuent à être utilisées, à près de 75%, mais cette proportion est en baisse. Selon l’étude, ce serait « une conséquence surtout de la durée toujours plus réduite des modules de formation en ligne (e-learning, vidéo learning, etc.), passée d’une échelle de 30 minutes à 10 voire 5 minutes ces dernières années : l’intérêt de “tracker” d’aussi courtes durées n’est plus manifeste ! »

Du côté des modalités pédagogiques, on constate une baisse de l’utilisation des classes virtuelles, qui posent des difficultés techniques d’intégration ; en même temps qu’une hausse de celle des apprentissages mobiles et des apprentissages informels. Une petite moitié des entreprises recourt au LMS pour créer elles-mêmes des contenus e-learning. Le Big Data fait une timide entrée avec les outils d’analyse prédictive, qui n’intéressaient personne il y a deux ans.

 

L’étude révèle donc, sans grande surprise, une montée en puissance de l’équipement en LMS dans les grandes et les moyennes entreprises. Cette évolution est cohérente avec ce qu’on sait de la progression du digital learning, et va de pair avec un renforcement de la fonction formation. Mais les usages pédagogiques du LMS prédominent nettement : la complexité du système de financement et de gestion de la formation en France rend délicate son intégration dans ces grands logiciels. En effet, l’étude, la gestion budgétaire et les reportings légaux passent assez peu par le LMS : seules 15,6% des entreprises l’utilisent à ces fins. Et ce alors que la réforme n’a pas vraiment réduit les contraintes administratives, selon les responsables formation eux-mêmes. Il semblerait donc que les grands LMS ne soient pas encore prêts à répondre à cet aspect de la demande.

 

 

 

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