La formation en chiffres #47 : le digital learning gagne 7 points

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La formation en entreprise poursuit sa progressive transformation digitale. Non par une disparition du présentiel, mais par un accroissement de la part des plans de formation faisant appel à des techniques mixtes, présentiel/distanciel. C’est ce que nous apprend l’enquête e-doceo sur le digital learning en 2017, réalisée pour l’ISTF. Principaux résultats.

 

Formation à distance et digital learning

La formation à distance est officiellement reconnue comme un format à part entière de formation depuis 2001 dans les faits – et depuis la Loi Travail dans les textes. L’offre se développe rapidement, des Moocs aux formations en ligne, en passant par le « blended ». Cet essor est inséparable de celui du digital, au point que « formation ouverte et à distance » (FOAD) en est venu à désigner essentiellement les cours ou modules accessibles en ligne, au détriment des cours par correspondance d’autrefois. Gardons en tête qu’en principe, tout ce qui est distanciel n’est pas digital, pas plus que l’inverse : les outils numériques peuvent être utilisés en présentiel. Le plus souvent, cependant, la digitalisation en formation renvoie à des prestations à distance, qu’elles soient synchrones (sessions en ligne, webinars, moocs) ou asynchrones (modules de formation à distance).

On sait que le développement du e-learning a pris quelque retard en France. Mais le mouvement est lancé, et chaque année de nouvelles études en analysent l’évolution. C’est le cas de l’enquête publiée par e-doceo (aujourd’hui Talentsoft Learning) au début de l’année, conduite auprès de 400 structures pour le compte de l’ISTF, l’Institut des métiers du blended learning.

 

Une progression globale du distanciel

L’enquête met d’abord en lumière une augmentation significative, sur un an, de l’utilisation des formations à distance. Si les entreprises qui recourent exclusivement à ce type de prestation restent très marginales en proportion (7% en 2016 contre 5% en 2015, soit +2%), celles qui combinent présentiel et distanciel sont désormais nettement majoritaires (58% contre 53% un an auparavant, soit +5%). Au total, si l’on additionne les entreprises qui intègrent les deux types de méthodes dans leur plan de formation et celles qui pratiquent le 100% digital, on a bien une progression de 7%.

Ce qui laisse, tout de même, un bon tiers d’entreprises (35%, contre 42% en 2015) qui privilégient la formation en stages présentiels classiques. Une proportion qui tombe à un peu plus du quart (26%) pour les entreprises de 500 à 5000 collaborateurs : les grandes structures sont donc, sans surprise, en avance pour la digitalisation. Les TPE, moins consommatrices de formation globalement, utilisent également moins le distanciel. Il est vrai que l’offre continue à reposer largement sur le présentiel, les deux tiers des organismes de formation ne proposant que celui-ci, d’après un chiffre cité dans l’étude.

 

L’importance du levier financier

On peut penser que le « retard » des TPE se fonde en partie sur le manque d’informations : les entreprises les plus petites n’ont pas de DRH structurée, moins encore de service formation. Le coût, en tout cas, n’est probablement pas en cause : parmi les motifs avancés par les responsables formation pour adopter le digital, la volonté de « faire des économies sur leur budget formation » arrive en tête (43%), juste devant, il est vrai, le souhait de « moderniser l’image de leur structure » (40%). On ne trouve que 2% de professionnels pour trouver urgente la digitalisation sous prétexte qu’elle remplacera demain intégralement le présentiel.

 

L’essor des classes virtuelles

L’étude entre ensuite un peu plus dans le détail des différentes modalités pédagogiques : quelles méthodes sont-elles perçues comme les plus performantes ? Il en ressort que le présentiel, là encore, perd des points de façon rapide et constante : entre 2014 et 2016, la proportion des répondants qui le considèrent comme la modalité la plus efficace est passée de 34% à 25%. Dans le même temps, les classes virtuelles sont passées de 11% à 16% des réponses, les scénarios e-learning en formats longs (autour de 25 minutes) restant autour de 20%.

Dans le même temps, le social learning et le fast learning (modules d’un quart d’heure) ont progressé également pour atteindre respectivement 12% et 13%. Au même niveau que le serious game (12%), mais celui-ci apparaît en recul : fin d’un effet de mode ou variation conjoncturelle, l’avenir le dira.

On observe donc, remarque l’étude, une certaine convergence dans l’utilisation de ces différentes techniques : les responsables formation ont recours à toute la variété des procédés existants, pour atteindre leurs objectifs.

 

Le digital learning : pourquoi et comment ?

L’étude contient d’autres données intéressantes relatives aux conditions d’efficacité des formations et aux motivations des parties prenantes. On y apprend notamment que dans les formations à distance, la présence d’un tuteur augmente de 53% la réussite des formations. Le tutorat doit donc être un critère à privilégier dans le choix de ce type de formations.

Au chapitre des motivations, les responsables formation qui privilégient le digital learning le font d’abord pour « suivre le rythme opérationnel de l’évolution des compétences ». Le besoin en formation s’accroît à mesure que s’accélère le changement des métiers, et le digital learning apparaît comme une bonne réponse à ce phénomène.

Ces préoccupations « métier » rejoignent celles des apprenants, pour qui le premier déclencheur d’achat reste le contenu de la formation, devant la dimension « self-service ». Parmi les facteurs qui garantissent leur engagement, le fond (soit la qualité du contenu) demeure le premier levier, même si la forme (interactivité, démarche pédagogique) revêt également une grande importance.

 

L’étude dépeint donc un marché en pleine évolution, parvenu à un stade de maturité auquel l’attrait de la nouveauté pour elle-même a cédé le pas à un panachage intelligent des méthodes disponibles, au service de la politique de formation de l’entreprise. Tout porte à croire que le digital va continuer à progresser, en complément du présentiel, sans jamais menacer l’existence de celui-ci.

 

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